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RNCP

Dossier RNCP 2026 : relier les 14 lignes par la preuve

Les 14 lignes de R. 6113-9 ne forment pas une note : elles examinent une chaîne qui part du travail réel et aboutit à deux actes d'autorité liés.

Ouvrir le Vademecum de janvier 2026 devant les 14 lignes de R. 6113-9 invite au tableur : une ligne, une pièce, une case verte. Le test utile est en amont. Où le travail cible a-t-il été observé ? Quelles activités justifient la certification ? Pour les demandes transmises depuis le 1er octobre 2025, les 14 lignes structurent l'examen. Aucun barème ni seuil publié ne transforme cette chaîne de preuves en note.

14 lignesdans R. 6113-9, subdivisions comprises, sans note sur 14 ni pondération publiée
3 référentielsactivités, compétences et évaluation, construits à partir du même travail cible
1 an, 3 ans max.limite de durée pour une première demande dont les données disponibles ne couvrent qu'une année
4,3 moismoyenne d'instruction RNCP publiée pour 2025, jamais délai garanti d'un dossier

L'opportunité s'écrit avant les référentiels

Une pré-étude RNCP ne commence pas par le sommaire d'une formation. Elle relie une cible professionnelle, les besoins du marché, l'offre de certifications disponible et les emplois observés. Le Vademecum 01/2026 traite cette phase comme le fondement de l'ingénierie. Un programme décrit la formation. Il ne démontre pas pourquoi le métier cible appelle cet objet de certification.

L'examen part des situations de travail : qui réalise l'activité, dans quel environnement, avec quelle autonomie et sous quelles contraintes ? Elles délimitent le projet et évitent de rebaptiser des objectifs pédagogiques en compétences. Rédigez d'abord une note d'opportunité sourçant le besoin, le métier et l'offre existante. Cet outil interne ne préjuge pas l'appréciation de France compétences.

Du travail observé aux trois référentiels

Partez d'une activité observée et suivez la chaîne sans sauter d'étape. Le référentiel d'activités fixe ce qui est réalisé au travail ; celui de compétences précise ce que le titulaire mobilise ; le référentiel d'évaluation organise la situation et les critères qui permettront de le constater. Une compétence bien rédigée mais absente des évaluations reste sans preuve.

Les blocs suivent cette logique. Le Vademecum les définit comme des ensembles cohérents de compétences professionnelles rattachés à une ou plusieurs activités, évaluables et délivrables de façon autonome. Le découpage du calendrier pédagogique ne répond pas à la question décisive : l'ensemble peut-il être évalué et délivré de façon autonome, en lien avec une ou plusieurs activités ?

Un découpage pédagogique devient un bloc seulement si l'évaluation et la délivrance peuvent fonctionner de façon autonome.

Ce que l'évaluation doit rendre visible

L'évaluation formative aide l'apprenant à progresser. L'évaluation certificative sert une autre décision : attester la maîtrise de compétences. Ses modalités doivent donc produire des constats exploitables par les évaluateurs et le jury. Étude de cas, mise en situation, production ou entretien ne valent pas par leur nom. Ce qui compte est la correspondance entre la situation proposée, la compétence visée, le niveau attendu et des critères assez précis pour harmoniser l'appréciation.

Passez chaque compétence au crible. Que fait concrètement le candidat ? Quelle production ou quel comportement est observé ? Quel critère permet de distinguer la maîtrise de l'insuffisance ? Toutes les compétences annoncées doivent être couvertes, mais aucune source officielle ne publie un pourcentage universel de couverture. Une matrice activité, compétence, modalité, critère observable et preuve aide à repérer les trous ; elle reste un outil de préparation, pas un barème de France compétences.

Première demande et renouvellement n'observent pas la même population

Pour une première demande, R. 6113-9 retient les titulaires qui ont réussi les épreuves d'évaluation du dispositif mis en œuvre par le demandeur et correspondant au projet. Pour un renouvellement, il retient les titulaires de la certification précédemment enregistrée. Une première demande n'est donc pas un dossier de projections ; un renouvellement n'est pas une simple actualisation de fichiers. Dans les deux cas, la population doit correspondre au bon cycle.

Le Vademecum ajoute deux contrôles concrets. Une promotion suppose plusieurs titulaires, rattachés sans ambiguïté au demandeur ou à son réseau de co-certificateurs. Les données ne sont pas cessibles : un organisme seulement habilité à former ou à organiser une session ne peut les reprendre pour sa demande. Pour chaque ligne, demandez : quel dispositif, quel demandeur, quel partenaire, quelle année ?

Lorsque les données disponibles d'une première demande ne portent que sur une année, la durée maximale d'enregistrement est limitée à trois ans. Le mot important est maximale. Il ne garantit ni l'enregistrement ni trois ans. Au renouvellement, l'analyse doit aussi reprendre les correspondances entre les blocs de la version précédente et ceux du nouveau projet. L'enregistrement antérieur ne crée aucun droit à être renouvelé selon les mêmes termes.

Classer les lignes selon leur condition d'application

Le décompte comprend 1, 2, 2 bis, 2 ter, 3, 3 a, 3 b, 3 c, 4, 5, 6, 7, 8 et 9. Les quatre premières lignes interrogent emplois, impact sur l'emploi, moyens et adéquation des actions aux référentiels. La ligne 3 porte sur la qualité des référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation et sur leur cohérence d'ensemble. Les lignes 3 a à 3 c intègrent transitions écologique et numérique, santé et sécurité au travail, handicap, accessibilité et conception universelle selon la certification. Correspondances et association des CPNE n'interviennent que le cas échéant ; les contraintes réglementaires dépendent du métier.

Une dispense juridique ne doit pas être confondue avec une ligne jugée peu pertinente ou avec une preuve absente. R. 6113-9 écarte les lignes 1 à 2 ter pour certaines premières demandes dont l'enregistrement RNCP est requis par une norme internationale ou un texte afin d'exercer en France. Cette exception est distincte du régime MEPE. Hors dispense textuelle, inscrivez pour chaque ligne sa condition d'application, le texte retenu et la preuve correspondante. Une case vide ne dit pas si la ligne est inapplicable ou si le dossier est incomplet.

Le Vademecum 01/2026 expose la doctrine de construction du dossier. Il ne contient pas les changements législatifs du 25 juin 2026. Depuis le 27 juin, France compétences peut contrôler sur pièces les ministères certificateurs et, sur pièces et sur place, les organismes certificateurs ainsi que les organismes habilités à préparer les candidats ; ses agents peuvent utiliser une identité d'emprunt. La loi a aussi ajouté des obligations de collecte et de transmission de données. Leurs modalités techniques restent en partie renvoyées à des décrets. Au 7 août 2026, les obligations distinctes de publication prévues par L. 6113-8-1 et L. 6353-12 restent différées jusqu'à un décret, au plus tard un an après la promulgation.

Instruction, avis conforme, décision publiée

Après la téléprocédure viennent la complétude, les conditions d'examen, l'instruction supervisée, puis l'examen individuel et le vote de la Commission. Ce parcours n'est pas un accompagnement à la réécriture. La moyenne 2025 de 4,3 mois pour l'instruction RNCP est un repère historique, non une promesse de passage ou de décision.

Trois comportements peuvent arrêter la demande avant l'examen des 14 lignes : une fausse déclaration, la reproduction littérale de tout ou partie d'un référentiel existant ou une communication publique trompeuse sur les actions de formation ou de reconnaissance des acquis. L'ingénierie de preuves inclut donc aussi la provenance des données, l'originalité des référentiels et la cohérence entre le dossier et les messages commerciaux.

La séquence d'autorité comporte deux actes liés. La Commission de la certification professionnelle rend un avis conforme. Le directeur général de France compétences prononce ensuite l'enregistrement par une décision publiée au Journal officiel et mise en ligne. Le directeur général ne dispose pas d'une liberté de contredire cet avis liant ; la Commission, de son côté, ne remplace pas l'acte formel de décision.

Construire puis faire examiner un dossier RNCP
1Pré-étude2Travail réel3Troisréférentiels4Preuvesd'usage5Dépôt etinstruction6Avis puisdécision

À retenir

  • Commencer par l'opportunité et le travail observé, puis relier chaque activité à une compétence, une modalité, un critère observable et une preuve.
  • Séparer les populations de première demande et de renouvellement, puis qualifier chaque ligne selon sa condition d'application.
  • Tracer séparément l'avis conforme de la Commission et la décision publiée du directeur général.
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